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Écoute maintenant: Comment les technologies et les produits financiers digitaux peuvent-ils dynamiser les chaines de valeur agricoles en Afrique ?

 

Ce webinaire organisé par Digital Frontiers Institute (DFI) fait un état des lieux de la transformation digitale des services financiers fournis dans le secteur agricole. Il a permis également d’explorer les potentialités offertes par les nouvelles technologies financières (blockchain, intelligence artificielle, Big Data), les plateformes de commerce électronique pour dynamiser les chaines de valeur agricoles en Afrique.

La discussion a été animée par deux experts en transformation Digitale :

  • Mr Aboubacar Sadikh NDIAYE, consultant et coach en stratégie de transformation digitale, facilitateur du cours Digital Marketing pour le programme Sciences Po Paris Lead Campus au Sénégal et auteur de deux ouvrages intitulés Covid 19 et Transformation digitale paru en 2020 et Langage digital paru en 2021 ;
  • Mr Davy Serge AZAKPAME, agro économiste, spécialiste Sénior en Finance Digitale au Projet Intégré de Transformation Numérique des Régions Rurales (PITN2R) au Bénin et ancien Directeur Général du Réseau Africain de Microfinance (AFMIN).

ETAT DES LIEUX DE LA PENETRATION DES SERVICES FINANCIERS DANS LES CHAINES DE VALEUR AGRICOLE (CVA)

 

Les petits exploitants agricoles représentent plus de 70% de la production alimentaire du continent mais sont particulièrement marginalisés dans l’accès aux services financiers.

La question de leur inclusion financière est donc devenue une priorité de plusieurs organismes qui accompagnent les pays les moins avancés.

On observe tout de même qu’avec l’avènement de la technologie mobile utilisant le canal USSD ou le QR code, le faible taux d’inclusion financière est en recul.

D’un autre côté, si l’on s’intéresse à l’offre de services financiers destinés à ces exploitants agricoles on observe qu’elle est essentiellement mise à disposition par les systèmes financiers décentralisés (SFD) qui proposent des produits d’épargne (dépôt à terme ou à vue, tontine), des crédits (microcrédits, crédits warrantage, crédits pour le financement du fonds de roulement ou d’investissement), du transfert d’argent et accessoirement de l’assurance agricole.

Ces produits ne répondent pas systématiquement aux besoins des petits exploitants agricoles plus particulièrement l’offre de crédit dont les périodicités de remboursement (notamment mensuelle ou sans différés) ne sont pas alignées sur les cycles agricoles. Par ailleurs les produits d’assurance agricole, bien qu’opportuns pour couvrir les risques climatiques (faible pluviométrie, sécheresse, inondations) ou les calamités (attaques d’insectes, de rongeurs etc.), sont très peu disponibles en Afrique de l’Ouest.

 

LES TECHNOLOGIES FINANCIERES UTILISEES DANS LES CHAINES DE VALEUR AGRICOLES

 

La technologie mobile notamment l’USSD est la plus accessible aux exploitants agricoles car elle rend disponible des services financiers via des téléphones mobiles basiques.

Mais il existe d’autres technologies financières utilisées dans les chaines de valeur agricoles (CVA) et qui répondent à des problématiques bien précises.

Par exemple la première problématique à adresser au niveau du secteur agricole est celle de l’organisation. En effet il faut être en mesure d’identifier les acteurs des CVA, les filières dans lesquelles ils évoluent, les superficies cultivées, les conditions agro climatiques dans leurs zones de production). Ce sont des informations qui sont indispensables pour l’Etat et les organisations de développement pour accompagner la structuration du secteur.

A ce titre des technologies telles que l’intelligence artificielle, le Big Data sont utiles dans la collecte d’informations statistiques ou climatiques ou encore la technologie blockchain dans la certification de l’origine d’un produit agricole, l’indemnisation ou le paiement des exploitants agricoles couverts par des contrats intelligents (smart contracts) ou encore la sécurisation du foncier. La blockchain est un registre informatique sécurisé, infalsifiable et décentralisé (accessible à tous) et qui permet de réaliser des transactions sans le recours à des tiers de confiance (intermédiaires financiers, organismes de certifications, assureurs, notaires etc.). Le Ghana est l’un des premiers pays d’Afrique à expérimenter la mise en place d’un registre foncier/cadastre utilisant la technologie blockchain.

Par ailleurs il y’a également une problématique liée à l’accès équitable aux informations sur le marché ou les conditions climatiques et à ce titre certaines start up proposent des solutions technologiques qui permettent d’avoir des informations sur les marchés, sur les terres, sur les prix, sur les phénomènes climatiques. C’est le cas par exemple au Sénégal des applications Mlouma ou Tolbi qui fournissent leurs informations par SMS.

 

EXEMPLE D’UN PROGRAMME DE TRANSFORMATION NUMERIQUE DANS LES CHAINES DE VALEUR AGRICOLES AU BENIN : LE PITN2R

 

Le Projet Intégré de Transformation Numérique des Régions Rurales (PITN2R) est un projet béninois financé par la Banque mondiale à hauteur de $50 millions et qui vise à améliorer l’accès au haut débit dans le monde rural et à promouvoir des solutions numériques pour améliorer l’efficience dans quatre chaines de valeurs agricoles (riz, maïs, karité, fruits & légumes). Le PITN2R mettra en place diverses plateformes numériques pour digitaliser les paiements dans les CVA ciblées, permettre aux SFD de rendre leurs offres disponibles de façon numérique et enfin améliorer l’accès au marché des produits agricoles via une plateforme de commerce électronique dédiée.

 

 

LES INTERVENTIONS DES DECIDEURS POLITIQUES ET DES REGULATEURS POUR FAVORISER L’INCLUSION FINANCIERE DIGITALE DES PETITS EXPLOITANTS AGRICOLES ET DYNAMISER LES CHAINES DE VALEUR

 

En résumé voici quelques actions qui peuvent être réalisées par les Etats et les régulateurs financiers afin de dynamiser les chaines de valeur agricoles avec les technologies, les produits et canaux digitaux.

 

Les Etats et les régulateurs doivent :

  • Soutenir les acteurs financiers disposant des applications/ ou canaux de distribution de services financiers les plus accessibles (par exemple les opérateurs de mobile money, les bureaux de poste, etc.) afin qu’ils puissent proposer des offres de crédit aux acteurs de la CVA ;

 

  • Améliorer les délais de paiement des producteurs, à la fin des campagnes agricoles, en envisageant la mise en place de contrats intelligents via la technologie blockchain pour automatiser les paiements sous des conditions prédéfinies ;

 

  • Accompagner les acteurs des CVA dans l’appropriation de la technologie blockchain afin de mieux saisir ses potentialités ;

 

  • Travailler sur l’accessibilité en termes de coûts de l’internet haut débit et des dispositifs mobiles pour les personnes en zone rurale ;

 

  • Améliorer l’expérience des exploitants agricoles analphabètes en encourageant les starts up dans le développement d’applications vocales comme WhatsApp pour pouvoir faire tout le parcours client de manière vocale (en langues locales) et en images.

 

Ce webinaire a été modéré par Maxime LOKOSSI, Responsable du Développement de la Communauté Francophone à DFI.

 

Maxime Lokossi
Maxime est consultant en mésofinance et finance digitale. Il totalise 17 années d’expériences professionnelles essentiellement dans le secteur bancaire où il a occupé plusieurs postes de direction. Ayant un fort intérêt pour le financement des Micro Petites et Moyennes Entreprises (MPME) via les Fintechs, il prépare actuellement ses travaux d’application en vue de l’obtention du grade de Certified Digital Finance Practitioner (CDFP) de Digital Frontiers Institute (DFI) et Tuft’s University. Maxime contribue au développement des activités de DFI dans la communauté francophone à travers différentes activités (webinaires, partages de connaissances, etc.) ------ Maxime is a consultant in MSME and digital finance. He has a total of 17 years of professional experience mainly in the banking sector where he has held several management positions. Having a strong interest in financing Micro Small and Medium Enterprises (MSMEs) through Fintechs, he is currently preparing his research paper to qualify for the grade of Certified Digital Finance Practitioner (CDFP) of Digital Frontiers Institute (DFI) and Tuft's University. Maxime contributes to the development of DFI's activities in the francophone community through various activities (webinars, knowledge sharing, etc.).