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Écoutez maintenant: Le Mobile Money en Afrique : un accélérateur au service de l’inclusion financière

 

Ce webinaire organisé par Digital Frontiers Institute (DFI) faisait suite à la publication en mars 2021 du rapport de la GSMA sur l’état de l’industrie du Mobile Money – State of the Industry Report on Mobile Money 2021. Ce rapport a confirmé la dynamique positive qui s’observe dans le secteur financier africain grâce à la forte pénétration des services de Mobile Money.

A travers cette discussion nous avons pu explorer les derniers développements dans le secteur en Afrique.

En 2020 l’Afrique comptait 562 millions de comptes de Mobile Money soit près de la moitié du nombre de comptes de Mobile Money ouverts dans le monde.

Pour analyser les dernières tendances dans ce secteur, DFI a invité sur ce webinaire d’éminents experts des services financiers numériques. Il s’agit de :

  • Mr Valentin MBOZO’O, Directeur Général du Groupement Interbancaire Monétique de l’Afrique Centrale (GIMAC) basé au Cameroun;
  • Mr Sébastien VETTER, Directeur Général de Wizall Money, une Fintech basée au Sénégal ; et
  • Mme Aminata KANE NDIAYE, CEO Orange Sierra Léone.

 

Selon les panélistes la forte pénétration du Mobile Money peut s’expliquer par le fait que les opérateurs de téléphonie mobile ont utilisé leur technologie pour répondre à un besoin des populations non bancarisées de transférer de l’argent liquide dans un contexte qui était caractérisé par un déficit en infrastructures (réseaux de communication, sources d’énergie), un manque d’équipements des populations (téléphones fixes, ordinateurs, accès Internet) ou encore une très faible bancarisation. L’adoption du Mobile Money est allée de pair avec l’adoption des téléphones mobiles qui ont pénétré le marché africain il y’a bientôt deux décennies.

Les opérations financières sur mobile ont donc été rendues possibles et la croissance des volumes d’opérations peut s’expliquer par un enrôlement plus simple des abonnés au téléphone mobile, un coût d’acquisition du téléphone mobile plus abordable, la commodité voire la simplicité d’utilisation du téléphone pour effectuer des transactions financières, le vaste réseau de distribution des opérateurs de téléphonie ou encore la célérité des transactions.

L’adoption du Mobile Money s’explique aussi par la multiplication des cas d’utilisation de paiement (dépôts et retraits d’espèces, transferts entre particuliers, transferts d’argent à l’international, paiements de factures, paiements de masse ou du bank to wallet) et l’introduction plus ou moins limitée de nouveaux services (crédit, assurance, épargne) offerts par les opérateurs de Mobile Money, les Fintech, les banques et les institutions de microfinance très souvent dans le cadre de partenariats.

Toutefois même si la pénétration des portemonnaies mobiles en Afrique est assez impressionnante l’utilisation du cash (argent liquide) est encore prédominent et cela se constate par l’importance des transactions de type Cash in Cash out (CICO) dans les volumes de transactions effectuées par les opérateurs de Mobile Money. Par exemple sur la branche Mobile Money du groupe Orange 80% des revenus proviennent du Cash in Cash out. Par ailleurs le taux d’activité sur les comptes de Mobile Money reste assez faible (inférieur à 30% en Afrique sur une base de 30 jours).  L’analyse de ces constats par les panélistes a mis en lumière quelques défis qui restent à relever pour généraliser l’adoption du Mobile Money. On peut citer au rang de ces défis :

  • Le coût des services qui est jugé relativement cher par les clients ;
  • L’offre très limitée sur les nouveaux services tels que l’épargne, le crédit ou l’assurance ;
  • La multiplication des cas d’arnaques dont sont fréquemment victimes les clients ;
  • La faible pénétration de dispositifs d’acceptation moins onéreux que les terminaux de paiements électroniques (TPE) qui limite les paiements marchands ;
  • L’absence d’interopérabilité entre les acteurs financiers appartenant à différents pays ou espaces monétaires ;
  • L’accès équitable des acteurs des services financiers au canal USSD resté longtemps un monopole des opérateurs de téléphonie mobile.

Les acteurs du secteur doivent donc encore travailler :

  • à multiplier les cas d’utilisation afin de proposer des alternatives peu coûteuses à l’utilisation du cash ;
  • Développer l’acceptation des paiements par des technologies telles que le QR code ou encore le NFC afin de booster les paiements marchands ;
  • Introduire une nouvelle génération de produits notamment les crédits digitaux, ce qui aurait comme effet de booster l’utilisation des comptes de monnaie électronique ;
  • Mettre en place des parcours utilisateurs simples afin d’encourager l’utilisation des porte-monnaie mobiles.

Les panélistes ont reconnu les efforts fournis par les Etats et les régulateurs financiers africains pour encourager l’inclusion financière par exemple en digitalisant les paiements de salaires et des aides sociales, en favorisant l’introduction d’acteurs non bancaires dans les services financiers, en mettant en place des règles d’identification des clients adaptées aux risques (KYC light ou KYC full) pour faciliter l’acquisition de clients dans les couches non bancarisées, en menant des négociations avec les opérateurs de téléphonie mobile pour un accès plus équitable au canal USSD ou encore en conduisant des projets d’interopérabilité entre les acteurs financiers au sein d’un pays ou au sein des espaces économiques africains comme la CEMAC en Afrique Centrale ou l’UEMOA en Afrique de l’Ouest.

Enfin les panélistes ont évoqué quelques mesures qui pourraient être prises par les Etats et les régulateurs africains pour accompagner les efforts des acteurs du secteur et booster le potentiel du Mobile Money. Il s’agit de :

  • La définition de stratégies nationales ou régionales d’inclusion financière ;
  • La poursuite des efforts de digitalisation des flux des Etats et la promotion de l’E-gouvernance ;
  • La promotion de cadres d’interopérabilité des services financiers pour favoriser les transactions entre les différentes zones monétaires du continent ;
  • La mise en place de cadres réglementaires favorables à l’introduction de nouvelles offres telles que le crédit digital, l’épargne digitale ou la micro-assurance ;
  • La promotion d’une concurrence loyale en continuant à démocratiser l’accès au canal USSD.

Ce webinaire a été modéré par Maxime LOKOSSI, Responsable du Développement de la Communauté Francophone à DFI.

Maxime Lokossi
Maxime est consultant en mésofinance et finance digitale. Il totalise 17 années d’expériences professionnelles essentiellement dans le secteur bancaire où il a occupé plusieurs postes de direction. Ayant un fort intérêt pour le financement des Micro Petites et Moyennes Entreprises (MPME) via les Fintechs, il prépare actuellement ses travaux d’application en vue de l’obtention du grade de Certified Digital Finance Practitioner (CDFP) de Digital Frontiers Institute (DFI) et Tuft’s University. Maxime contribue au développement des activités de DFI dans la communauté francophone à travers différentes activités (webinaires, partages de connaissances, etc.) ------ Maxime is a consultant in MSME and digital finance. He has a total of 17 years of professional experience mainly in the banking sector where he has held several management positions. Having a strong interest in financing Micro Small and Medium Enterprises (MSMEs) through Fintechs, he is currently preparing his research paper to qualify for the grade of Certified Digital Finance Practitioner (CDFP) of Digital Frontiers Institute (DFI) and Tuft's University. Maxime contributes to the development of DFI's activities in the francophone community through various activities (webinars, knowledge sharing, etc.).