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Écoutez maintenant: Comment développer l’accès au financement des MPME en Afrique avec des sources alternatives de financement telles que le crédit digital, le Pay As You Go et le crowdfunding ?

Digital Frontiers Institute a placé le mois de Novembre 2020 sous le thème de la mésofinance avec l’organisation de trois webinaires (deux en anglais et un en français) focalisés sur le financement des MPME. Le webinaire en français a entre autres pour objectifs de

  • Faire découvrir trois sources alternatives de financement (crédit digital, Pay As You Go, crowdfunding) et leur adéquation par rapport aux besoins des MPME du continent africain ;
  • Faire découvrir des exemples réussis de collaboration entre acteurs du financement alternatif et institutions classiques de financement (banques, SFD) dans le cadre de programmes nationaux de développement ;
  • Sensibiliser le public sur les risques associés à l’utilisation des financements alternatifs ;
  • Attirer l’attention sur les freins règlementaires au développement du financement alternatif en Afrique.

 

 

Le troisième webinaire en français organisé par Digital Frontiers Institute (DFI) a permis de mettre en évidence le potentiel des nouvelles sources de financement en vogue sur le continent. Il s’agit du crédit digital, du Pay As You Go et du crowdfunding.

Pour mieux comprendre les enjeux du développement de ces offres de services financiers alternatifs et la façon dont elles adressent, dans une certaine mesure, le gap de financement des MPME du continent, DFI a invité trois experts dont les actions à différents niveaux permettent d’offrir de nouvelles options à ces entreprises.

Il s’agit de :

  • Mr Amine Idriss ADOUM, Directeur de l’Exécution des Programmes à l’Agence de Développement de l’Union Africaine et du NEPAD (AUDA-NEPAD) basée en Afrique du Sud;
  • Mr Arnaud POISSONNIER, expert en financement participatif (crowdfunding) et fondateur de la plateforme BABYLOAN.ORG basée en France ; et
  • Dr Léonide Michael SINSIN, fondateur de la start-up African Renewable Energy Systems Solutions (ARESS), basée au Bénin.

On dénombre entre 95 et 100 millions de MPME sur le continent dont plus de 80% se retrouvent dans les 10 premières économies. Ces MPME emploient 360 millions de personnes ce qui en fait le premier employeur du continent avec une contribution au PIB estimée entre 35 et 55%

Elles sont toutes confrontées à des difficultés de financement qui peuvent s’expliquer par quatre facteurs :

  • La quasi-totalité de ces entreprises évoluent dans le secteur informel et sont donc perçues comme trop risquées notamment par les banques ;
  • Le contexte institutionnel ou climat des affaires parfois peu favorable aux institutions bancaires dans le recouvrement de leurs créances ;
  • La rigidité des banques centrales qui ne permet pas aux banques commerciales de mobiliser des dépôts de longues durées ou de prendre des risques ;
  • La difficulté des MPME à se projeter dans le long terme.

Tous ces facteurs concourent à une situation de faible inclusion financière de ces entreprises et créés un cadre propice à l’entrée de nouveaux acteurs non bancaires sur le continent, qui eux proposent des financements alternatifs.

Parmi ces acteurs on distingue :

  • Les plateformes de crowdfunding avec différents métiers : dons, prêts ou investissements ;
  • Les entreprises sociales internationales, start up ou filiales de Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) évoluant sous le modèle économique du Pay As You Go ;
  • Des Fintechs qui grâce à l’analyse de données massives offrent des crédits digitaux sans exigence de garantie.

Ces acteurs non bancaires proposent des produits qui concurrencent plus fortement le secteur de la microfinance que le secteur bancaire. Mais il est à noter quand même de très beaux modèles de collaboration entre acteurs du financement alternatif et institutions traditionnelles de financement dans le cadre de programmes nationaux de développement.

C’est le cas par exemple :

  • Au Mali du projet de Formation professionnelle, Insertion et appui à l’Entrepreneuriat des jeunes Ruraux (FIER) qui soutient de jeunes entrepreneurs grâce à des transferts d’argent de la diaspora malienne de France via la plateforme de crowdfunding BABYLOAN.ORG et des SFD locaux ;
  • Au Bénin où le gouvernement soutient des micro-entrepreneurs sélectionnés par des SFD locaux avec des crédits digitaux offerts sans garantie ;
  • De plusieurs pays africains dans lesquels les gouvernements encouragent l’installation d’entreprises offrant des équipements et installations solaires en mode Pay As You Go pour améliorer l’accès à l’électricité des populations et des entreprises.

A l’échelle continentale, l’Agence de Développement de l’Union Africaine et du NEPAD (AUDA-NEPAD) encourage ces formes de collaboration entre les Etats, les acteurs du financement traditionnel et les acteurs du financement alternatif à travers un plaidoyer pour une réglementation plus souple, des programmes de formation et séances d’information des MPME pour améliorer leur éligibilité à des financement, la création d’une plateforme digitale permettant d’accéder à des opportunités de marchés et bientôt la mise en place d’un fonds de garantie qui permettra entre autres à des acteurs du financement alternatif de mobiliser les capitaux à longues durées nécessaires à la mise à l’échelle de leurs services.

Les panélistes sont longuement revenus sur le rôle des régulateurs d’Afrique francophone qui doivent faire évoluer la réglementation afin de permettre un développement plus rapide des financements alternatifs.

Ce webinaire a été modéré par Maxime LOKOSSI, Responsable du Développement de la Communauté Francophone à DFI et consultant en mésofinance digitale.

 

 

Maxime Lokossi
Maxime est consultant en mésofinance et finance digitale. Il totalise 17 années d’expériences professionnelles essentiellement dans le secteur bancaire où il a occupé plusieurs postes de direction. Ayant un fort intérêt pour le financement des Micro Petites et Moyennes Entreprises (MPME) via les Fintechs, il prépare actuellement ses travaux d’application en vue de l’obtention du grade de Certified Digital Finance Practitioner (CDFP) de Digital Frontiers Institute (DFI) et Tuft’s University. Maxime contribue au développement des activités de DFI dans la communauté francophone à travers différentes activités (webinaires, partages de connaissances, etc.) ------ Maxime is a consultant in MSME and digital finance. He has a total of 17 years of professional experience mainly in the banking sector where he has held several management positions. Having a strong interest in financing Micro Small and Medium Enterprises (MSMEs) through Fintechs, he is currently preparing his research paper to qualify for the grade of Certified Digital Finance Practitioner (CDFP) of Digital Frontiers Institute (DFI) and Tuft's University. Maxime contributes to the development of DFI's activities in the francophone community through various activities (webinars, knowledge sharing, etc.).