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Ces technologies qui transforment le paysage des services financiers : IA, big data, biométrie…

Le dynamisme du marché de la téléphonie mobile et l’essor d’Internet en Afrique ont ouvert la voie au développement des services de mobile money et à l’émergence des banques digitales et néo-banques dont nous parlons dans notre blog du mois de Septembre . Si ces évolutions attirent l’attention et suscitent l’intérêt de beaucoup d’acteurs en Afrique (banques, institutions de microfinance, opérateurs de télécommunications, compagnies d’assurance, régulateurs, etc.), il est important de ne pas limiter la transformation digitale dans le secteur financier à ces seules mutations.

A l’ère du digital, de nouveaux défis se présentent, avec des clients de plus en plus exigeants, avec de nouvelles habitudes liées à l’utilisation croissante des canaux digitaux qui rythment notre quotidien, plus portés vers les services rapides et accessibles à distance et à tout moment. Si ces défis ont été motivés par l’essor des nouvelles technologies, celles-ci nous donnent également l’opportunité d’améliorer l’offre de services financiers, offrir une meilleure expérience client, exploiter de nouvelles sources de données pour mieux évaluer les risques, réduire les coûts opérationnels, réduire la fraude, etc. Ce sont autant de possibilités offertes par les nouvelles technologies.

Quelles sont les applications des nouvelles technologies dans le domaine des services financiers ?

A force d’utiliser le terme « nouvelles technologies », on en vient parfois à oublier de quelles technologies on parle exactement. Il ne s’agit pas que d’Internet ou encore de la téléphonie mobile. Le terme « nouvelles technologies » englobe plusieurs technologies spécifiques toutes aussi innovantes les unes que les autres et qui transforment différents secteurs (santé, éducation, construction, agriculture, services financiers, etc.).

Dans le domaine de la finance, le big data, l’intelligence artificielle, la biométrie, le cloud computing ou encore la blockchain sont autant de technologies clés qui jouent un rôle actif dans la transformation du paysage des services financiers. Pour donner des exemples pratiques, concentrons-nous sur les trois premières.

  • Le big data (1) (ou mégadonnées) fait référence aux données massives variées, stockées sur une base numérique et traitées avec des technologies avancées pour la prise de décisions. Cette technologie trouve plusieurs applications dans le domaine de la finance (2) et permet, entre autres :
    • d’établir un scoring de crédit en utilisant plusieurs sources de données différentes (utilisation du téléphone, transactions mobile money, paiements de factures d’eau et d’électricité, données issues des réseaux sociaux, etc.) pour évaluer le profil de risque d’un client potentiel ;
    • d’améliorer l’expérience client en personnalisant les offres de produits et services sur la base des données collectées concernant les clients ;
    • de détecter la fraude en identifiant les données incohérentes.

 

  • L’intelligence artificielle (IA) (3) désigne l’ensemble des techniques mises en œuvre pour permettre aux machines d’imiter une forme d’intelligence réelle et est utilisée par les institutions financières pour :
    • mettre en place des chatbots ou assistants virtuels qui sont programmés pour converser avec les clients et pour résoudre leurs problèmes ou les assister dans la réalisation de certaines opérations ;
    • améliorer les processus en automatisant des actions auparavant réalisées par des humains avec des impacts en termes de coûts, de rapidité et d’efficacité mais également lutter contre la fraude, évaluer les risques, mettre en place des outils d’aide à la décision, etc.

 

  • La biométrie (4) fait référence à l’identification de personnes en fonction des caractéristiques biologiques (empreintes digitales, œil, forme du visage, etc.) ou comportementales (reconnaissance vocale, démarche, gestuelle, etc.) et permet d’adresser plusieurs problèmes relatifs à l’inclusion financière. En effet, l’absence de pièces ou de preuves d’identité est un facteur bloquant pour l’accès des populations aux services financiers (aussi bien les services proposés par les institutions financières ayant des exigences de KYC, que les services publics tels que les subventions financières accordées aux populations). La biométrie permet de relever ce défi, en permettant d’identifier de façon sécurisée, une personne à travers une ou plusieurs caractéristiques biologiques.

L’Inde est un exemple clé d’application de cette technologie. Le pays a mis en place le programme « Aadhaar » (5), programme national basé sur la biométrie, visant à donner un numéro d’identification unique à chaque résident afin de faciliter l’accès aux services financiers et aux subventions gouvernementales.

En outre, au lieu des mots de passe et des codes secrets qui peuvent être oubliés ou subtilisés par une tierce partie s’ils ne sont pas bien protégés, la biométrie se présente aux institutions financières comme un autre moyen d’identifier et d’authentifier les clients de façon sécurisée, rapide et simple.

 

Quelle place pour le big data, l’intelligence artificielle, la biométrie dans l’amélioration de l’offre des services financiers en Afrique francophone ?  

Si les technologies que nous venons de décrire sont relativement bien intégrées dans l’offre des services financiers sur d’autres continents, des initiatives sont également enregistrées en Afrique francophone, entre autres :

  • des chatbots et assistants virtuels ont été mis en place par des institutions bancaires 6&7): LEO par la United Bank for Africa (UBA) ; NOA par la Société Générale en Côte d’Ivoire, RAFIKI par le groupe Ecobank (8) ou encore ARY par la Banque Atlantique.
  • en novembre 2019, l’Agence Francophone pour l’Intelligence Artificielle (AFRIA) (9), une fondation internationale basée à Genève (Suisse) a été mise sur pied pour la promotion des technologies du numérique et de l’intelligence artificielle au service du développement durable en Afrique.
  • CREALLIA (10), une solution alliant la créance et l’intelligence artificielle, a été récemment lancée par le cabinet DUX et la Banque Nationale d’Investissement (BNI) en Côte d’Ivoire, pour permettre aux PME d’obtenir le règlement de leurs factures (rachetées par la BNI) sous 72h, au lieu de 60 ou 90 jours.

Même si ces actions sont menées, l’adoption des technologies telles que le big data, l’intelligence artificielle et la biométrie en Afrique francophone est encore à ses débuts. Elle nécessite des prérequis notamment des nouvelles compétences mais aussi des mises à niveau en termes de ressources techniques.

Beaucoup reste à faire pour que les acteurs des services financiers exploitent pleinement les opportunités qu’offrent les nouvelles technologies, tout en ne perdant pas de vue les risques qui y sont liés.

Pour parler davantage de ce sujet, rejoignez-nous le samedi 17 Octobre 2020 de 9H à 10H30 GMT pour notre webinaire sur le thème “Intelligence artificielle, biométrie, big data : quels apports dans le développement des services financiers en Afrique ?” D’éminents panélistes partageront avec nous leurs expériences et leurs avis sur l’adoption de ces nouvelles technologies par les acteurs des services financiers en Afrique francophone.

 

[1] https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/finance-et-societe/nouvelles-economies/big-data/qu-est-ce-que-le-big-data/ 
[2] https://inventiv-it.fr/2017/11/17/10-cas-d-usage-big-data-dans-le-domaine-de-la-finance/ 
[3] https://www.futura-sciences.com/tech/definitions/informatique-intelligence-artificielle-555/
[4] https://users.ece.cmu.edu/~jzhu/class/18200/F06/L10A_Savvides_Biometrics.pdf
[5] https://uidai.gov.in/what-is-aadhaar.html
[6] https://fintalk-mag.com/2020/01/29/les-chatbots-bancaires-se-developpent-en-afrique-francophone/
[7] https://www.innogenceconsulting.com/post/chatbots-le-nouveau-visage-de-la-banque-africaine
[8] https://www.fabafriq.com/articles/ecobank-lance-rafiki
[9] https://afria.org/
[10] https://lelab.info/dux-et-la-bni-de-cote-divoire-lancent-creallia-la-creance-alliee-a-lintelligence-artificielle/
Stephanie Soedjede
Stéphanie est une consultante en finance digitale et actuariat, avec 7 ans d’expérience dans le conseil stratégique et opérationnel aux institutions publiques et privées en Afrique. Certifiée Experte en Monnaie Digitale et en Finance Digitale, elle met sa double expertise en finance digitale et actuariat au service d'institutions pour les aider à saisir toutes les opportunités offertes par le digital pour développer leurs activités. Stéphanie contribue au développement des activités de DFI dans la communauté francophone à travers différentes activités (webinaires, partages de connaissances, etc.) ----- Stephanie is a consultant in actuarial sciences and digital finance, with 7 years of professional experience in strategic and operational consulting for public and private institutions in Africa. Certified Expert in Digital Money and Digital Finance, she puts her dual expertise in digital finance and actuarial sciences at the service of institutions to help them seize all the opportunities offered by digital to develop their activities. Stephanie contributes to the development of DFI's activities in the francophone community through various activities (webinars, knowledge sharing, etc.).