COVID-19 | Official online Resource and News Portal. For more information, visit www.sacoronavirus.co.za

Banques digitales et néo-banques : de quoi parlons-nous?

Il ne faut pas opposer les mots ‘banque digitale’ et ‘néo-banque’ car dans le fond, la frontière est assez mince par endroits. Les néo-banques, en effet, se définissent très souvent comme des banques 100% digitales. Il suffit de visiter les sites web de Revolut (Royaume-Uni), N26 (Allemagne) (1), Orange Bank Africa (Côte d’Ivoire) (2) ou encore Monzo (Royaume Uni) pour s’en convaincre.

Qu’est-ce que le digital Banking ?

Selon Sharma GAURAV, un éminent spécialiste des Fintechs, le digital banking (3) fait partie intégrante du contexte plus large de l’évolution des services de banque en ligne, à travers lesquels les services bancaires sont fournis via un accès Internet.

Le passage de la banque traditionnelle à la banque digitale a été graduel et continue d’ailleurs. Il se matérialise aussi par différents niveaux de digitalisation des services bancaires. La banque digitale implique généralement un haut degré d’automatisation des processus et des services fournis via le web et peut s’appuyer sur des APIs permettant une collaboration entre diverses institutions pour fournir des services bancaires et permettre l’exécution de transactions.

 Comment ont évolué les offres de banque digitale ? (4)

  •  1960s : lancement du premier guichet automatique bancaire (GAB) en Suède ;
  • 1980s : émergence des premiers services internet haut débit ;
  • 1990s : généralisation de l’accès à l’Internet ;
  • 2000s : le développement du E-commerce et des offres de banque à distance (Online banking, SMS Banking, cartes de débit/ crédit) a fait émerger le service de banque digitale que nous connaissons aujourd’hui ;
  • 2010s : la prolifération des smartphones et le développement d’applications bancaires mobiles permet désormais d’effectuer des transactions à distance sans recourir à un GAB ou un ordinateur.

 Quels sont les acteurs offrant des services de banque digitale ?

En 1994, Bill Gates prédisait l’avenir de la banque en déclarant « Banking is necessary, banks are not » (5).

Avec le mouvement de digitalisation du secteur financier et l’évolution de la réglementation, le service bancaire n’est plus cloisonné dans les murs des banques. En effet, à travers différents modèles de partenariats, de nouveaux acteurs interviennent aujourd’hui dans la mise à disposition de services financiers aux particuliers et aux entreprises. Il s’agit par exemple des :

  • opérateurs de téléphonie mobile ;
  • plateformes d’E-commerce ;
  • géants de l’Internet (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) ;
  • fintechs ;
  • prestataires de services de paiement ;
  • néo-banques.

Tous ces acteurs peuvent aujourd’hui offrir, à minima, des services de paiement et de transfert d’argent mais de plus en plus, lorsque la réglementation le permet, ils peuvent offrir des crédits, des outils personnels de gestion financière, des services d’épargne, d’assurance, de financement participatif et de placements financiers.

Si au niveau des technologies financières utilisées, des canaux de distribution et de l’offre de services il y a assez peu de différences, il y a cependant des différences assez criardes lorsqu’on compare leurs business models et les types d’agrément qui permettent de rendre le service. Ils peuvent en effet opérer sous les agréments (6) de :

  • établissements de crédit ;
  • établissements de monnaie électronique ;
  • établissements de paiement ;
  • prestataires de service de paiement suivant la directive PSD2 ;
  • banques de service de paiement (Payment Service Bank) dans des pays tels que l’Inde ou le Nigéria.

Le statut réglementaire a une incidence sur les conditions d’exercice de l’activité, les exigences de KYC, la nature des opérations autorisées (change, réception des dépôts du public), les seuils de transaction, l’offre de services et les obligations de reporting.

Une fintech avec peu de moyens ou un opérateur de téléphone mobile peut nouer un partenariat avec une banque pour offrir du crédit digital sous l’agrément du partenaire bancaire. Cependant, s’ils envisagent former une néo-banque, il leur faudra un agrément bancaire (7) propre à la nouvelle entité (néo-banque), ce qui est beaucoup plus onéreux et sélectif.

Qu’est-ce qu’une néo banque ?

 Une néo-banque offre des services de banque digitale aux particuliers généralement via une application bancaire pour smartphones (8), un espace client en ligne ou un téléphone mobile. Elle se distingue, dans son modèle économique, par l’absence ou le très faible nombre d’agences physiques et de conseillers clientèles, la forte automatisation de ses process (ouverture de compte, conseil au client, reportings règlementaires, décisions de crédit, etc.), ce qui lui permet de réduire ses coûts opérationnels et d’offrir des services plus compétitifs, conviviaux et avec plus de célérité.

La néo-banque est souvent le fruit de l’association d’une banque ET d’un opérateur télécom ou un géant de l’Internet (9) qui constituent son capital social. Mais, elle dispose de son propre agrément bancaire distinct de celui du partenaire bancaire à l’origine de sa création.

La réglementation bancaire l’autorise à :

  • fournir un véritable compte bancaire (courant ou épargne) avec un identifiant IBAN pour les opérations de virement interbancaire, de transfert à l’international ;
  • mettre à disposition des moyens de paiements (cartes, chèques, prélèvement automatique) ;
  • offrir des services d’épargne et des crédits à la consommation voire des crédits à l’habitat ;
  • effectuer des opérations de change.

Qu’apporte l’agrément bancaire à la néo-banque ?

Bien que plus onéreux à obtenir, l’agrément bancaire offre à la néo-banque la possibilité de :

  • offrir plusieurs moyens de paiement ;
  • refinancer son portefeuille de crédits auprès de la banque centrale ;
  • garantir une plus grande transparence des conditions appliquées aux opérations à la clientèle ;
  • faire des opérations de change ;
  • proposer des produits de crédit et d’épargne ;
  • utiliser les technologies financières pour fournir le service avec une meilleure assise juridique pour des actes tels que la signature de contrat électronique, la vérification de l’identité à distance, la prise de garantie via un réseau de blockchain, etc.

La néo-banque est-elle la version réinventée de la banque traditionnelle ? Le temps nous le dira.

Références

  1. https://n26.com/en-eu
  2. https://orangebank.ci/
  3. “What is Digital Banking?”
  4. https://en.wikipedia.org/wiki/Digital_banking
  5. https://hernaes.com/2017/09/11/banking-is-necessary-banks-are-not/#:~:text=Banking%20is%20necessary%2C%20banks%20are%20not%20was%20stated%20by%20Bill,the%20first%20wave%20of%20fintech.&text=On%20the%20one%20hand%2C%20fintechs%20are%20agile%20and%20innovative.
  6. https://acpr.banque-france.fr/autoriser/procedures-secteur-banque/agrement-autorisation-ou-enregistrement/etablissement-de-monnaie-electronique et https://www.bceao.int/sites/default/files/2017-11/instruction_no008_05_2015_intranet.pdf;
  7. https://www.cbn.gov.ng/Out/2018/FPRD/OCTOBER%202018%20EXPOSURE%20PAYMENT%20BANK.pdf
  8. https://n26.com/en-eu et https://fr.wikipedia.org/wiki/Orange_Bank (2017)
  9. https://www.moneyvox.fr/banque-en-ligne/boursorama-banque
  10. https://www.jepargneenligne.com/neo-banque/banques-mobiles-comparatif-detaille-des-meilleures-offres/
  11. https://techcrunch.com/2020/08/03/google-signs-up-six-more-partners-for-its-digital-banking-platform-coming-to-google-pay/
Maxime Lokossi
Maxime est consultant en mésofinance et finance digitale. Il totalise 17 années d’expériences professionnelles essentiellement dans le secteur bancaire où il a occupé plusieurs postes de direction. Ayant un fort intérêt pour le financement des Micro Petites et Moyennes Entreprises (MPME) via les Fintechs, il prépare actuellement ses travaux d’application en vue de l’obtention du grade de Certified Digital Finance Practitioner (CDFP) de Digital Frontiers Institute (DFI) et Tuft’s University. Maxime contribue au développement des activités de DFI dans la communauté francophone à travers différentes activités (webinaires, partages de connaissances, etc.) ------ Maxime is a consultant in MSME and digital finance. He has a total of 17 years of professional experience mainly in the banking sector where he has held several management positions. Having a strong interest in financing Micro Small and Medium Enterprises (MSMEs) through Fintechs, he is currently preparing his research paper to qualify for the grade of Certified Digital Finance Practitioner (CDFP) of Digital Frontiers Institute (DFI) and Tuft's University. Maxime contributes to the development of DFI's activities in the francophone community through various activities (webinars, knowledge sharing, etc.).

Leave a Reply